Toulouse 2007 : le cinéma chilien à l’affiche
Une retrospective consacrée à Raúl Ruiz et un hommage à Christian Sánchez font partie du très riche programme des 19èmes Rencontres Cinémas d’Amérique Latine qui se tiennent à Toulouse du 16 au 25 mars
« A ma grande surprise, mon travail est bien accueilli dans mon pays par la critique et le milieu intellectuel. Bien mieux qu’en Europe. Je me suis ainsi résigné à être prophète dans mon pays. C’est flatteur et inquiétant en même temps. » soutient Raul Ruiz, le prolifique cinéaste auquel les 19èmes Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse consacrent une Retrospective.
Réalisateur Chilien installé en France depuis plus de 30 ans, Ruiz est un théoricien du cinéma, un expérimentateur nourri d’influences multiples et ouvert à toutes les disciplines. Dans son pays, il fut à l’origine d’un des courants inspirateurs de la cinématographie d’avant Pinochet. A l’époque, on parlait de courant « littinien » (des adeptes du cinéma de Miguel Littin) ou de courant « ruizien ». Dans les années 80, il s’impose en France comme l’un des réalisateurs les plus avant-gardistes.
Pendant longtemps, le Chili n’a été guère le sujet des films de Ruiz, même s’il y faisait toujours un clin d’œil. Comme dans les Trois Couronnes du Matelot où il mélange, à sa manière, onirique et étrange, Anvers et...Valparaiso. Au fil du temps, Ruiz est devenu un vrai franco-chilien qui commence à retrouver, dans le Chili d’aujourd’hui, des idées de fiction qu’il a eu envie de filmer. Certains de ces films feront partie de la Retrospective que lui consacrent l’Arcalt, qui a choisi de mettre en avant sa production « chilienne ».
La Cinémathèque a, de son côté, programmé son œuvre européenne. A ne manquer sous aucun prétexte !
Cristián Sánchez : un disciple talentueux
« J’ai toujours été très scrupuleux et précis au moment de représenter les différentes couches sociales ainsi que leurs lexiques, affirme Cristian Sánchez. Autrement, ajoute-t-il, il y a risque de laisser échapper la vérité qui s’y trouve En ce sens, je tourne comme un documentaliste qui témoigne en montrant les choses telles qu’elles nous apparaissent. Ce n’est qu’après que j’introduis une série de jeux qui y apportent une certaine étrangeté »
Cinéaste indépendant, créateur des antihéros les plus étranges dans la courte histoire du cinéma chilien, Sánchez refait surface après des années de silence.
Pour pouvoir tourner ses films pendant la dictature de Pinochet, Cristián Sánchez a dû inventer un langage qui puisse passer les filets de la censure pour témoigner de cette sombre période. Inspirés par Buñuel, Godard, Rohmer ou encore Ruiz, ses films -des perles rares qu’on a peu ou pas du tout vu- sont férocement chiliens. Sánchez n’a pas cessé de tourner et espère que cette nouvelle impulsion lui permettra d’achever plusieurs de ses projets. Dont une étude théorique sur Ruiz et son « image-simulacre ».
Cristián Sánchez sera présent à Toulouse pour l’hommage qui lui sera rendu pendant les Rencontres. On pourra y voir ses films El cautiverio feliz(1988) ; El cumplimiento del deseo(1985) ; Los deseos concebidos (1982) et El zapato chino (1979).
Voir aussi :
- Un site, en français, consacré au cinéma de Raúl Ruiz
- Mabuse :Un entretien avec Cristián Sánchez(espagnol)
- Mabuse : Un dossier spécial sur Raul Ruiz (espagnol)
Commentaires
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Toulouse 2007 : le cinéma chilien à l’affiche10 de marzo de 2007, par christine fayetfestival cinelatino de Toulouse El programa del festival se puede consultar en cinelatino.com.fr.Incluye también exposiciones y encuentros en la libreria Tera Nova cerca del Capitole y en el Ricon Chileno a una estacion de metro del Capitole.
