Reporters sans Frontières condamne l’agression contre un photographe de l’agence EFE au Chili
Víctor Salas risque de perdre un oeil suite aux coups de cravache métallique reçus d’un carabinier à cheval lors des manifestations du 21 mai dernier Valparaiso.
Ci-dessous l’intégralité du communiqué de Reporters sans Frontières.
Un photographe de l’agence EFE risque de perdre un oeil après une agression policière lors d’une manifestation
Reporters sans frontières est scandalisée par l’agression dont a été victime Víctor Salas, photographe de l’agence espagnole EFE, alors qu’il couvrait une manifestation le 21 mai 2008 à Valparaíso (ouest de Santiago). Le journaliste, hospitalisé, risque de perdre l’usage d’un œil après des coups de cravache métallique reçus d’un carabinier à cheval.
“Ce n’est malheureusement pas la première fois que les forces de l’ordre s’en prennent violemment aux médias dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. Nous soutenons la demande de la direction d’EFE au Chili, pour que soit identifié et puni le carabinier à l’origine des coups portés sur Víctor Salas. Comment ce représentant de l’ordre a-t-il pu agir avec aussi peu de discernement ? L’enquête devra répondre à cette question”, a déclaré Reporters sans frontières.
Le 21 mai, des militants politiques et syndicaux, des étudiants et des employés du secteur de la santé ont défilé aux abords du Congrès national, à Valparaíso, au moment où la présidente de la République, Michelle Bachelet, venait y présenter ses comptes annuels. D’après le général Jaime Vasconcelos, le chef de l’unité locale des carabiniers cité par la presse chilienne, des incidents ont éclaté lorsque des manifestants ont tenté de franchir des barrières de sécurité. La répression a fait trois blessés et une centaine de personnes ont été arrêtées.
Alors qu’il photographiait les événements, Víctor Salas a été atteint de coups de cravache métallique à l’œil et à l’arcade sourcilière lors d’une charge de carabiniers à cheval. Le photographe a dû être hospitalisé dans une clinique de la ville voisine de Viña del Mar, où les médecins ont diagnostiqué “une contusion oculaire sévère de l’œil droit, avec risque de perte fonctionnelle et organique, avec un pronostic réservé”. Víctor Salas a été transféré dans un hôpital de Santiago compte tenu de la gravité de son état. Le directeur de l’agence EFE au Chili, Manuel Fuentes, a promis d’engager des poursuites. Le commandement des carabiniers a promis de mener une enquête interne.
Le 30 mai 2006, huit journalistes avaient été blessés, pour certains grièvement, à la suite de manifestations étudiantes durement réprimées devant le palais présidentiel de La Moneda à Santiago. En décembre suivant, des partisans de l’ancien dictateur Augusto Pinochet, décédé le 10 du mois, s’en étaient pris à des journalistes. La présidente Michelle Bachelet avait condamné ces agressions et réclamé des poursuites.
Víctor Salas a été lauréat 2007 du prix national de photographie, remis annuellement par l’Association des photographes et reporters d’images du Chili.
