Pauline Charles : un militaire engagé et humaniste et un grand homme de lettres.
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J’ai eu le plaisir et la chance de rencontrer le Colonel José Domingo Ramos en janvier 2007, par une belle journée estivale, dans sa maison de Pirque, dans les environs de Santiago.
Ce fut un moment inattendu et exceptionnellement émouvant.
Je me trouvais alors à Santiago dans le cadre de mes recherches en Histoire sur « le rôle des forces armées chiliennes sous le gouvernement de l’Unité populaire ».
Le Colonel Ramos a occupé une profession dans le corps des armées au Chili pendant plus de trente ans. Compagnon d’armes du Général Carlos Prats et en accord avec les principes de la Doctrine Schneider, il remet sa démission et quitte le Forces armées en 1973.
C’est à la suite d’un déjeuner chez Dolly, la fille du Colonel, qui est aussi la marraine d’une de mes meilleures amies [1] que j’ai été présentée à ce monsieur. Je ne savais pas qui il était, je ne savais rien ni de son parcours ni de son engagement pour la démocratie et le professionnalisme militaire. Lors de cet après midi, Dolly nous a relaté la carrière de héroïque de son père.
Mais, el Coronel était alors alité et déjà très affaibli par la maladie.
Impressionnée par le personnage, je suis tout de même allé le saluer dans sa chambre. Très charmeur, il me dit à l’oreille, (en cachette de son épouse et de sa fille qui l’observaient), qu’il aimerait beaucoup discuter avec une fille « aux yeux de cinéma ».
Une semaine plus tard, c’est dans son jardin qu’il me reçut pour un entretien en tête à tête.
Très élégant dans son costume beige, grave et réfléchi, malgré la maladie, j’ai eu le sentiment que cet instant était important pour lui aussi. Il avait envie de parler, et a insisté pour que je comprenne le contexte de l’époque, les choix qu’il avait fait ainsi que la façon dont il les avait vécus.
J’ai enregistré ses paroles sur mon dictaphone. Envahie par l’émotion, j’ai peiné à saisir tout ce qu’il me disait. Il avait pris mes mains et nous avions tous les deux les larmes aux yeux.
Cette rencontre fut bouleversante, le colonel m’a offert le témoignage d’un militaire engagé et humaniste ainsi que deux de ses ouvrages, dont un recueil de poèmes.
Car le colonel Ramos, droit et honnête dans sa carrière militaire et dans ses choix, séducteur des plus charmants du haut de ses quatre vingt ans, est aussi un grand homme de lettres.
Un poème qu’il a écrit sur le Chili m’a particulièrement touchée, « Chile Geográfico » extrait du recueil Porque seremos de Luz. [2]
Lire le poème (en espagnol)
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