En librairie : le Chant Inachevé de Victor Jara

En exclusivité, Francochilenos, Vive la Radio ! et les éditions Biliki vous proposent des extraits de l’ouvrage écrit par la veuve du chanteur assassiné.

Sábado 15 de septiembre de 2007
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Victor Jara en Francia

Publié pour la première fois en 1998, en anglais, sous le titre Victor, an unfinished song et un an plus tard en espagnol sous le titre Victor Jara, un canto truncado, le récit écrit par sa veuve paraît enfin en langue française dans une traduction de Mikaël Herviaux publiée par les éditeurs bruxellois Biliki et Aden.

Néé à Londres, la danseuse et chorégraphe Joan Turner part au Chili en 1954. Elle y joue rapidement un rôle actif dans l’activité chorégraphique et culturelle chilienne. C’est au début des années 60 que Joan Jara fait la connaissance de celui qui à l’époque se consacrait surtout à l’activité théâtrale. Dans le chapitre Une fin et un début, elle écrit : « Il m’apparaissait comme quelqu’un d’aimable et avec qui il était facile de parler, mais cela ne me semblait pas sérieux. Je ne savais rien de lui, mis à part que c’était un étudiant plein de talent et qu’il devait appartenir à une génération plus jeune que la mienne. J’avais trente ans, avec une carrière et l’échec d’un mariage derrière moi. »

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Victor et Joan

Une belle écriture, un regard lucide et engagé

Écrit d’une belle plume sensible et lucide, l’ouvrage de Joan Turner - Jara est beaucoup plus qu’un récit/chant d’amour à son compagnon mort en septembre 1973, quelques jours avant son 41ème anniversaire. Bien au delà du simple « portrait amoureux », loin de toute hagiographie, le livre propose un regard engagé mais lucide d’une période cruciale du théâtre, la danse, la chanson et, bien entendu, l’évolution sociale et politique du Chili. Une évolution qui, pour Joan Jara, s’achevera par l’arrestation, les tortures et la mort de Victor et son départ du Chili en compagnie de ses filles.

Le Chant Inachevé de Victor Jara commence d’ailleurs par le récit de son départ,le 5 octobre 1973.

Escortée par le consul britannique, je marchais sur le tarmac de l’Aéroport Pudahuel de Santiago en direction de l’avion. J’étais alors une personne sans identité. Ce que j’avais bien pu être jusque-là - danseuse ? chorégraphe ? professeur ? épouse ? -, je ne l’étais déjà plus. Je regardai mes deux petites filles devant moi, pâles et soumises, qui s’installaient sur leur siège sans même se disputer la place près du hublot, et je pris alors soudainement conscience qu’elles ne dépendaient plus désormais que de moi. Évidemment, j’avais aussi besoin d’elles pour continuer à vivre. Je savais qu’une partie de moi avait rejoint cet homme dont le cadavre gisait maintenant au fond d’un cercueil, dans une niche de béton placée près d’un mur, tout au fond du Cimetière Général de Santiago. J’avais fait recouvrir cette niche d’une dalle un peu grossière sur laquelle on pouvait lire, simplement : Victor Jara 14 septembre 1973

- Entendre Joan et Victor

Francochilenos, Vive la Radio et les Editions Biliki, vous proposent d’écouter quelques extraits de Victor Jara, un chant inachevé, lus par Antonia Santa Cruz et accompagnés de chansons de Victor Jara. Pour écouter les extraits, faites click ici.

Vous pouvez aussi lire quelques extraits de l’ouvrage sur le document Victor Jara (extraits), à télécharger ci-dessous.

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Victor Jara, un chant inachevé