3 documentaires chiliens à Nanterre
Jeudi 3 et vendredi 4 février, Estadio Nacional, Les Orphelins du Condor et I Love Pinochet montreront trois aspects de l’histoire chilienne des 30 dernières années
Les associations En Tant que Cinéphiles (ETC), Francochilenos en Réseau (FRANCHIR) soutenues par la BDIC et l’association Copihue, ont programmé à l’Université Paris X - Nanterre (Bâtiment B, Amphi B2), deux rencontres avec l’actualité chilienne à travers de 3 documentaires des réalisateurs chiliens Carmen Luz Parot , Marcela Saïd et Emilio Pacull . Ces deux derniers seront présents lors de la projection de leur documentaires, vendredi 4 février.
Les 35 dernières années de l’histoire chilienne ont vu des choses extrêmes se passer : de l’euphorie utopique à la violence inhumaine, la société chilienne a vécu, subi et exécuté des actes tour à tour, exaltants et effrayants que, la plupart du temps, elle a dû (ou voulu) oublier aussitôt. Dans le combat pour empêcher l’oubli, le documentaire a été fondamental, écrit la journaliste Pamela Biénzobas, animatrice de la Rencontre et membre du Réseau FRANCHIR. Sujet actif dans la lutte pour une société plus juste, soutenant le projet et puis le gouvernement de l’Unité Populaire, ce cinéma a connu un essor dès la fin des années soixante. Plus tard, tournés par des chiliens ou des étrangers, au Chili ou ailleurs, des documentaires ont gardé la trace des horreurs de la dictature militaire. Et quand une balbutiante démocratie a eu du mal à faire face au passé du pays, les documentaires ont été toujours présents dans le combat pour la mémoire. Ils demeurent jusqu’à aujourd’hui un moyen précieux pour empêcher l’oubli et pour essayer de comprendre l’incompréhensible. Voilà pourquoi nous voulons partager avec vous trois films récents qui traitent du passé chilien et qui rendront peut-être plus compréhensible le présent de notre société, ajoute Biénzobas.
Les Films
Dans Estadio Nacional, la jeune réalisatrice Carmen Luz Parot dévoile les horreurs du camp de concentration installé en plein cœur de Santiago, dans le principal stade du pays. Des anciens prisonniers, leurs parents, soignants humanitaires et même un ex militaire reviennent sur les lieux pour éclaircir, avec une sincérité sans sensationnalisme, ce redoutable passage de notre histoire. Mais malgré ces horreurs, une partie importante de la société chilienne continue à supporter Pinochet, ce qui a été visible surtout au moment du procès contre l’ancien dictateur en Europe. Marcela Said, jeune documentariste installée en France, a essayé de comprendre avec une remarquable lucidité ce qui se passe chez ces personnes dans I Love Pinochet. Exilé en France, le documentariste Emilio Pacull traverse les frontières chiliennes dans son récent film Les Orphelins du Condor, qui retrace les destins de trois enfants des victimes de l’effrayant réseau multinational de terrorisme d’État connu comme l’Opération Condor.
Le Programme
Jeudi 3 février à 19 heures : Projection d’Estadio Nacional, suite à une brève mise en contexte historique du journaliste chilien Eduardo Olivares, ancien correspondant de Libération et du Monde au Chili, fondateur de FRANCHIR.
Vendredi 4 février à 19 heures Projection, en présence des réalisateurs, des films, suivie d’une discussion et d’un cocktail de clôture.
